Témoignage....

Publié le par Patch

Francesco-d-Adamo---Iqbal-un-enfant-contre-l-esclavage.jpg                                                                        (13ème livre du challenge ABC lettre "F")

Iqbal un enfant contre l'esclavage de Francesco d'Adamo

Voici l’histoire terrible d’un fait de société. Voici l’histoire terrible d’un enfant. Voici l’histoire d’un rêve, emplis d’espoir et de liberté. Voici l’histoire d’Iqbal.
 
Iqbal est pakistanais. Né en 1983, il verra rapidement sa condition d’enfant remis aux oubliettes pour endosser le rôle d’esclave. « Légué » à l’âge de quatre ans à un usurier, il terminera dans une de ces nombreuses fabriques de tapis pakistanaises afin de combler une dette que son père a contractée et que sa pauvre condition d’agriculteur ne lui permet pas de rembourser. Enchaînés à son métier à tisser, il va devoir travailler, dans des conditions effroyables, pour que s’efface sur son « ardoise » un « trait », qui le rapprochera de cette liberté tant rêver. Interminables, ces journées seront rythmées par le bruit, la chaleur, et la poussière contenue dans ces caves ou l’on enferme ces esclaves d’à peine quelques années.
Lors d’un changement de propriétaire, il fera la connaissance de Fatima, Maria, Salman, tous des enfants qui comme lui, sont là pour éponger une dette familiale. Mais Iqbal n’est pas de ceux qui courbent l’échine et rampe. Après une première révolte, où il détruira un tapis en cours de fabrication, il sera isolé au tombeau, sorte de cellule où l’on enferme les têtes dures dans le seul but de les amadouer. Il en ressortira plus déterminé encore et s’enfuira pour trouver de l’aide extérieur.
Deux fugues seront nécessaires pour qu’enfin, son maître soit arrêté et la fabrique fermée. Lors d’une de ces fugues, Iqbal fera la connaissance d’Eshan Khan. Cet homme qui se bat pour la cause des enfants esclaves, l’aidera lui et les siens à retrouver famille et vie normal. Mais Iqbal ne veut pas s’arrêter là. Sa soif de liberté, de vivre, l’amènera, en compagnie d’Eshan Khan, à défier dangereusement d’autre fabrique de tapis, d’autre briqueterie. Ce petit bout d’homme d’à peine treize ans osera et défiera le système au point que le monde entier l’entendra....
Mais les multinationales qui font de l’argent, du profit sur le dos de ces enfants sont un monde sans pitié. Si Iqbal est applaudi d’un côté pour son courage et sa témérité, d’autres grincent des dents quant à l’idée de devoir renoncer à une main d’œuvre aussi facile....
Ce combat, Iqbal le mènera avec toute l’insouciance et la bravoure que sa condition d’enfant lui permettra....Mais jusqu’où ?
 
Francesco d’Adamo nous entraîne ici, sur les pas d’un petit garçon qui dans son pays est devenue une figure, un symbole, celui de la lutte contre l’esclavage des enfants. Ce livre est un cri pour tous ceux qui voudront bien l’entendre, une main tendue pour qu’enfin l’on ose reconnaître que ce genre de choses existe et que l’on ne peut continuer à fermer les yeux, parce-que forcément, indirectement ou directement, cela peut nous permettre de faire des économies....
Un formidable témoignage pour ne plus jamais dire, « je ne savais pas ! »
 
 
 « C’est une histoire triste, m’a-t-on dit. Ce n’est pas vrai : elle raconte comment on peut conquérir la liberté.
Et cette histoire continue et va de l’avant, tous les jours.
Au moment même où vous lisez ces lignes »
                                                                                                            Francesco D'adamo
 
 
 
 
 
 
Ce livre étant disponible aux éditions "Le livre de poche jeunesse", il peut être étudié en classe. Dans ce but, l'auteur présente en postface quelques indications bibliographiques afin de réaliser différentes recherches dans l'éventualité d'un travail scolaire...
 
 
 
 
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Iqbal MASIH
1983-1995
 
 Iqbal Masih n'était encore qu'un tout petit enfant pakistanais lorsque ses parents l'ont vendu pour éponger la dette familiale, contractée lors du mariage de son frère. A quatre ans, Iqbal rejoint une de ces fabriques de tapis qui exploitent déjà huit millions de gosses. A dix ans l'enfant esclave a déjà une tête de vieillard et les mains ravagées d'avoir noué douze heures par jour et pendant 6 ans de précieux tapis revendus à prix d'or en Occident. Un jour de 1993, son calvaire prend fin grâce à Eshan Khan, président de la ligue contre le travail des enfants (BLLF). Son libérateur l'arrache de son métier à tisser pour lui redonner le goût de vivre et la rage de se battre. Iqbal devient alors le symbole de cette jeunesse martyrisée. Il parcourt son pays et le reste du monde afin d'alerter l'opinion internationale. En janvier 1995, il participe à une Convention contre l'esclavage des enfants à Lahore. Il se rend en Suède et aux États Unis, où il reçoit un prix de la firme américaine Reebok (voir photo). Son périple prend fin le 16 avril 1995. Il meurt assassiné sur son vélo, le corps criblé de plomb gisant sur la lande de Chapa Kana Mill, près de Lahore (Pakistan). Il avait reçu des menaces de la "mafia de l'industrie du tapis" comme l'affirmait Eshan Kahn. La police pakistanaise écrira dans son rapport : "l'assassinat résulte d'une dispute entre un paysan et Iqbal". Histoire sordide d'un porte-parole qui devenait gênant. Les pistes de ce meurtre sont brouillées alors que la Commission des droits de l'homme du Pakistan a "adopté" la version de la police. Permettra-t-on que le combat d'Iqbal est été vain ?
 
 
 
 
 
 
 

                                                                                 

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J
Je suis bibliothécaire pour la jeunesse et j'avais présenté ce livre dans un comité de lecture. On commence à parler des droits des enfants. Cela reste encore assez timide et limité. Il s'agit des droits les plus élémentaires. Il faudrait aborder le problème de fond de notre conception de l'enfant,  du rapport entre les adultes et les enfants. Autrement dit, parler de l'enfant indépendamment de ses éducateurs est-il possible ? Comment ? Quelles libertés, quels droits sur le plan de la liberté de conscience ? Il y a de la violence morale, de l'assujettissement, ou de l'endoctrinement.N'y a -t-il pas un respect indispensable de la conscience de l'enfant jusqu'à un certain âge ?  La question est immense.
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G
Je ne connaissais pas ce témoignage. Tu dis que c'est ton fils qui l'a eu? A partir de quel âge peut on le lire ?
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P
Sur le livre est écrit "à partir de 12 ans", mais il est écrit de façon simple à comprendre, il n'y a pas de scènes choquantes particulières, très interessant....Mon fils l'a eu pour Noël, il aura 13 ans cette année. C'est un livre que j'ai lu et dévoré, ma fille l'a étudiée en classe. Je te le conseille vivement, chez "livre de poche jeunesse"....Alors ces vacances? bien? bronzés? neige? pas de trop je crois....
A
Salut Patch, sur le point de "vacançer", je suis moins présente ici et là, mais je n'oublie personne. Ce témoignage est tout de même "effarant"... entre rage et impuissance.
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P
Vacancer? oh la chanceuse ;o )) profites en bien....y a pas de probléme Amazone, j'ai moi même un creux en ce moment, pas mal de boulot....Comme tu dis, entre rage et impuissance....juste les mots qu'il faut....
B
J'avais aussi entendu parler de cette histoire mais je ne savais pas qu'il y avait un livre..ce commentaire donne très envie de le lire..merci à toi.
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P
De rien beatrix, et je te le conseille vivement, écris pour des enfants il est très facile à lire, une très belle histoire d'un enfant qui a eu le courage de....une belle leçon pour nous adultes....;o ))
N
Véro a raison. En voyageant (un peu), je me suis rendue compte que vouloir faire le bien pouvait parfois détruire une économie et par là-même une société à l'équilibre fragile. Tu parles de l'esclavage moi j'ai été révoltée par la prostitution de jeunes gens en Thaïlande. Mais supprimer cette "activité" sans contre partie serait une catastrophe pour bien des familles. Alors que faire?
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P
Oui, je sais bien que tu as raison, la question n'et vraiment pas simple...En Thaïlande, le problème est le même, les pouvoirs en place connaissent ce fléau qu'est la prostitution, mais ne font rien à cause des retombées économiques, ou tout juste s'ils font une action de temps en temps...mais qui sont les clients? Pour l'esclavage des enfants, c'est pareille, qui sont les clients? Beaucoup d'occidentaux, d'européens, d'américains, qui voyagent oublient toute morale une fois l'uniforme du touriste sur le dos, pour une fois ils ont de l'argent, ce sont "eux" qui dominent, ils se balladent appareil photos en main, et se permettent trop de choses, sans limite aucune, pour une semaine, deux voire trois, en bande de bus, ils se prennent pour les maîtres, ils se prennent pour les "civilisés" parce-que eux ont la télé plasma chez eux et ne sont pas obliger de faire la manche pour manger...qu'ils soient ouvrier ou cadres, combien se vantent en rentrant d'un périple qu'ils ont pris pour une aventure, que :  "t'aurais du voir, la vie, un rien du tout, et encore, tu marchande sec et c'est limite si c'est pas gratos"ou alors "t'aurais du voir tout ces gosses qui mendient, tu donnes à un et c'est tout une marmaille qui déboulait!!"....ça me debecte. La première leçon de politesse que l'on apprend à nos gosses est de "bien se tenir quand l'on 'est pas chez soi"....maintenant il est clair que le problèmes des enfants esclaves ne s'arrête malheureusement pas aux particuliers et touristes, cela profites aussi aux multinationales qui elles quand ils s'agit de rendement/profit, argent, du moment qu'ils ne le voient pas de leurs yeux, cela ne les empêchera pas de dormir....et même s'ils le voyaient...Que faire? une première chose toute simple, arrêter de se prendre pour une race supérieur, nous touristes "rapaces" de tout, quand on se déplace dans tout ces pays pauvres qui nous donnent l'impression d'être maître parce- que "nous" avons un peu d'argent... si chacun de nous à notre niveau donnait un peu de soi...Oui je sais Naniela, le problème est grave et l'on ne le résoudra pas en "deux coups de cuillères à pot", j'ai ce gros problème d'être idéaliste et de rêver d'un monde meilleur....j'ai l'espoir qu'un jour....;o )