Entre rêve et quotidien….
L'immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany Il y a les rêves, la réalité, mais aussi les regrets d’avoir vécu un peu des deux et au final l’impression de n’avoir eu que du vent. C’est une toile où tout se mêle, tout se mélange. Ce livre est un bout d’Egypte, bout de vie ordinaire avec les couleurs en plus. Alaa El Aswany nous décrit ici ses bas fonds et sa noblesse. Entre la nostalgie d’un temps passé où la culture occidentale prônait, où « l’esprit bien français » se retrouvait dans le raffinement des tenues chics, des restaurants somptueux et des soirées distinguées, il nous ramène à un présent ou la corruption gangrène et infecte le pays, les dignitaires, chefs d’entreprise, politiciens et autres forces de l’ordre, tout ceux qui ont les responsabilités et le devoir. L’auteur désigne ici un pays qui se meurt, qui se perd et qui rêve (pour certains) de démocratie. Un pays où le peuple n’est réduit qu’à la soumission des plus forts, abandonner à son sort, au système quasi totalitaire imposé avec force et perversion par de riches et infâmes dirigeants.
Il a choisi pour illustrer son histoire, son portrait, cette bâtisse au passé jadis glorieux, immeuble somptueux, signe rescapé de l’époque faste, où se mêlent aujourd’hui sur ces différents niveaux, toutes les classes sociales.
Ainsi, on retrouve l’ancien aristocrate et nostalgique Zaki qui doucement se meurt entre l’alcool et les femmes. Malak, maître artisan chemisier, ou encore Taha qui rêvait de devenir policier et qui verra tous ces espoirs réduits à néant car il n’est que fils de gardien d’immeuble....
Dans cette fresque orientale, l’auteur nous plonge à la fois dans le monde des opportunistes, des corrompus, de ceux qui n’ont de cesse de courir après la gloire, le pouvoir, l’argent, et qui n’hésitent pas à user de force et magouille pour obtenir ce qu’ils désirent. Et d’un autre où l’on voit se mêler et s’insérer insidieusement aux failles du système, la montée en puissance des extrémistes religieux, les islamistes radicaux qui n’hésitent pas à recruter parmi ceux dont l’espoir a laissé place à l’amertume, et bénéficier des erreurs du pouvoir en place pour instaurer la charia avec force et conviction...
Plus qu’un bon livre, c’est un regard, une fenêtre ouverte pour celui qui veut voir...
Un grand merci à Papillon pour ce très bon moment de lecture...Les avis de Gambadou, Sylvie, Florinette.....
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