La petite-fille de M.Linh de Philippe
Claudel
Réfugié parmi les réfugiés, M.Linh perd tous ses repères, sa terre, sa famille, tout ce qui fait ce qu’il est, son identité. Tout n’est déjà plus que
souvenirs. Il a fui son pays en guerre, seul avec sa petite-fille dans les bras, sa petite valise et un sac contenant un peu de terre, celle de son passé. D’abord vaincu par le désespoir, il va
se ressaisir. Il se doit d’être fort pour elle, Sang diû, ce petit être, la fille de son fils est tout ce qu’il lui reste…
Mais dans ce monde qui lui ouvre les bras, tout est à reconstruire. Tout est neuf, structuré, brutal, tout est à réapprendre pour ce petit homme qui
parcourait la vie au rythme du trot d’un cheval, du rire des enfants, de la vie qui prend son temps…
Profond, émouvant, ce livre nous dévoile ce que peut être le ressenti d’un naufragé de l’existence, celui qui doit fuir, tout quitter contre son gré pour
l’inconnu.
Plus dur que la barrière de la langue, celle des sentiments. Le besoin d’une présence, de réconfort, d’amour, l’espoir qui est en réelle perdition, le besoin
de croire encore en un lendemain pour celui qui essaye de reprendre pied. Face à tout cela, l’humiliation de la pitié, l’accueil structuré par des règles, des lois, des mots qui bien souvent
sonnent bien creux, ont l’amertume d’un vide…
Il est bien difficile pour celui qui tend la main, qui ouvre son cœur, qui se noie dans son propre chagrin, de trouver du réconfort dans un morceau de savon
ou une brosse à dents, les ustensiles qui sont censé rimer avec « bienvenue »…
A lire sans modération….
Les avis de Jules, Anjélica, Papillon, Livrovore ainsi que celui de Pitou....
Je dois avouer que j'ai bloqué dès les premières pages, l'énigme de la petite fille n'a pas fonctionné, trop lisible à mon goût. Du coup, je n'ai pas profité du reste. Il mériterait sans doute que je le relise dans quelques temps.
En revanche, j'ai beaucoup aimé Les âmes grises que j'ai lu ensuite et Brodeck est sur ma liste...
Concernant "Brodeck", j'ai lu des avis qui vont dans les deux sens....j'attendrais encore pour voir...Pour ce qui est "Les âmes grises", je n'ai pas été convaincu, un poil ennuyeux, long, ou alors peut-être est-ce moi....Sans contexte, jusqu'à maintenant, LE Claudel restera pour moi "Le café de l'Excelsior"....magnifique à tout point de vue...tendre, émouvant, nostalgique....le genre de roman que j'aimerais croisé bien plus souvent....;o )
Je suis bien d'accord avec toi sur "les âmes grises", il faut donc que tu lises le rapport de brodeck. Poignant!!!
Pour le "Brodeck", comme je disais à ICB, je pense attendre le poche, les avis étant pas mal partagés....;o )
D'ailleurs, ma fille et mon homme l'ont lu aussi sur mon conseil.
Moi aussi j'ai bloqué sur la gamine, et du coup, je n'ai pas été émue par le reste. J'en garderai un souvenir mitigé.
Par contre, j'ai bien aimé le style de l'auteru et je lirai d'autres livres de lui avec plaisir.
De rien..;o )