Primo Levi

Publié le par Patch

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur, d’un livre qui m’a bouleversé, me bouleverse, parce que quoi que je fasse il a été, et sera…de l’immense tristesse ressentie dans les profondeurs de mon âme tout au long de sa lecture, et, éprouvant par moments un sentiment de honte d’en être…un homme….
Je ne vous donnerais pas mon avis sur la teneur de ce récit, car je pense qu’il serait présomptueux de ma part de vouloir juger une période aussi terrible de l’histoire que celle de l’holocauste…
Et si bien même …Que juger ? La profondeur du texte ? L’agonie du quotidien ? Cette volonté de survie pour certain ? Le choix de la mort pour d’autres ? La perversité, l’égoïsme, la générosité, l’indifférence, tous ces sentiments évoqués, vécus ou infligés, l’avilissement de l’homme tel qu’on ne peut se l’imaginer ?…Non, il n’y a rien à juger…
Juste essayer de comprendre…Comprendre comment le mal ait pu atteindre un tel niveau de monstruosité….Comment des êtres humains pourvus de toutes leurs facultés mentales, de leur plein gré, ou même endoctrinés, aient pu agir avec toute la force et la rage que l’on sait, dans le but de retirer toute dignité, toute vie intérieure, tout sentiment de révolte, à des hommes et des femmes…. Oter par milliers la vie d’enfants…
Juste survivre…Survivre…Pour dire, crier à la face du monde pour que nul n’oublie l’impensable…
 
                                 
                                                                   Si c’est un homme
 
         Vous qui vivez en toute quiétude
             Bien au chaud dans vos maisons,
              Vous qui trouvez le soir en rentrant
                La table mise et des visages amis,
       Considérez si c’est un homme
             Que celui qui peine dans la boue,
     Qui ne connaît pas de repos,
                  Qui se bat pour un quignon de pain,
               Qui meurt pour un oui pour un non.
         Considérez si c’est une femme
                                    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
               Et jusqu’à la force de se souvenir,
      Les yeux vides et le sein froid
           Comme une grenouille en hiver.
 N’oubliez pas que cela fut
Non, ne l’oubliez pas :
              Gravez ces mots dans votre cœur.
            Pensez-y chez vous, dans la rue,
               En vous couchant, en vous levant ;
 Répétez-les à vos enfants.
         Ou que votre maison s’écroule,
      Que la maladie vous accable,
                        Que vos enfants se détournent de vous.
   
                                                                                                          Primo Levi
 
Si c'est un homme de Primo Levi
"On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur. Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli: si la littératture n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité." Angelo Rinaldi.
(4éme de couverture   Ed. Pocket )
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C
J'ai moi aussi été très touchée à la lecture de ce très beau livre... Un témoignage important à conserver précieusement...
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P
D'accord avec toi, il y en a tant d'autre dans le même style qui sont à lire...
J
Je suis moi-même intéressée par tous les témoignages de guerre, que ce soit en camp de concentration ou en fuite, c'est mon pencant victimologue (je suis étudiante en psychologie).
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P
Dans ce cas il y quantité de réscapé(e)s à découvrir de ces camps de la mort,qui s'ils sont moins connus,valent d'être lu....;o )
J
Un de mes coups de coeur! Je ne sais plus si c'est de cette année ou de la dernière, mais waw. Pour un dépressif, je pensais que c'était un roman noir et dur. Même après l'avoir acheté, j'ai attendu un long moment avant de le lire, et finalement! Quel beau livre! Malgré le sujet.
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P
Oui, l'auteur nous emmène dans ses profondeurs, celle de l'horreur,de l'inimaginable,l'inconcevable,et il ne doit pas être facile de retranscrire cela, d'ailleurs l'auteur l'a ecrit en 1947,dès la guerre finie.....D'autres témoignages (sur ce blog Madeleine Aylmer -Roubenne) raconte l'univers concentrationnaire, je lis beaucoup dans ce domaine, car si celui de Levi se situe à Auschwitz, il y a eu Bergen-Belsen,Mathausen,Ravensbruck, et tant d'autres malheureusement....D'autres auteurs sont à lire,car si moins connu,ils n'en présentent pas moins d'interêt....Et en leurs mémoires.....<br /> ;o ))