M. Aylmer-Roubenne
J'ai donné la vie dans un camp de la mort de Madeleine Aylmer-Roubenne
Tout juste mariée en ce printemps 44, Madeleine est déportée. Destination Ravensbrück. Etre enceinte n'offre aucun avantage dans ce camp. Bien au contraire.
Mais Madeleine fera tout pour garder en vie l'enfant qu'elle porte, aidée par ses compagnes, toutes solidaires. En donnant la vie, elle même naît une seconde fois, surmontant horreur et violence.
C'est ce parcours qu'elle nous décrit, sa transformation profonde au sein d'un monde inhumain...
(4éme de couverture Ed. Jai lu)
Mon avis
Encore un livre sur l’univers concentrationnaire, me direz-vous ?…..Non, plus que cela. Un formidable appel à la vie.
Vivre dans l’horreur au quotidien, l’insoutenable, dans un lieu qui lui est tout dédié….Vivre dans la peur, la faim, le froid, vivre dans un lieu ou tout espoir de survie semble infiniment perdu, où toute lueur de bonheur, tout sourire, pourrait être un affront pour ceux qui le matin ne sont plus à l’appel…..Et malgré cela, soutenir le regard de la mort, lui faire face, et de la plus belle des façons, lui imposer l’espoir en la naissance d’un enfant.
Mais Ravensbrück est un camp de concentration, pas une pédiatrie. Et même si l’avortement d’office (jusqu’à 8mois !) n’est plus pratiqué, rien n’est réellement prévu (de convenable, car même si une ration leurs était destinée, cela tenait plus du ridicule…)pour accueillir un nourrisson. Commence alors avec force, courage et volonté un combat inégal contre la mort (sur 850 naissances, de 1944 à 1945, seulement 5 survivront)….La sous-alimentation des détenues pratiquée par le régime du camp ne permettant qu’à de très rares femmes d’allaiter, ce sera au prix de nombreuses privations sur des rations de nourriture déjà inexistantes que certains survivront. Et pour ceux qui auront résisté au froid ou à la faim, il y aura toujours les rats….La nuit, les nouveau-nés n’étant pas tolérés auprès de leur mère, une longue et terrible angoisse faite d’une attente interminable, ne s’achèvera qu’au petit matin lors du triste compte de ceux qui ne sont plus….
Tel était le prix à payer pour pouvoir prétendre au titre de Maman à Ravensbrück….
Un témoignage extrêmement dur et bouleversant, qu’il faut lire pour ne pas oublier…
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