Plus jamais le froid....
(1er livre du challenge ABC lettre "V")
Bord de mer de Véronique Olmi
Les moyens n’y sont pas, le cœur pas vraiment non plus. Mais elle y croit, elle veut y croire quand elle leurs dit que ce départ signifie "vacances". Stan et Kévin, ses deux petits garçons n’ont jamais quitté la cité, ils y vivent seul avec leur mère...Ce départ soudain, cette cuisine qu’on abandonne rend soucieux Stan, l’aîné....En plus demain il y a école, ce n’est pas les vacances. Mais ce soir, on prend le bus, au milieu d’inconnu, pour l’inconnu. Il fait nuit, il pleut, il fait froid. Le dernier billet de cent servira à payer les places. Après, ce sera l’hôtel. Pas vraiment ce qu’imaginaient les enfants. Un hôtel, ça brille de mille feux, c’est les grands tapis rouges, les fleurs...Là c’est plutôt vide de tout. C’est très sombre, tout est marron, du sol au plafond...On s’y croirait seul, perdu au bout du monde. La chambre est au sixième. Un lit, une porte qui ne s’ouvre qu’à moitié, une fenêtre. Les sanitaires, sale et puants sont au bout du couloir....
L’apothéose doit être pour le lendemain. C’est que maman ne les emmènent pas n’importe où en vacances. Le lendemain, c’est la mer...Mais pas de chance, il pleut toujours. Tout est gris, froid. Et comme à l’hôtel, le sentiment de déception se fait sentir....La mer a la couleur du ciel, ou plutôt serait-ce le contraire ? On ne sait plus.
Mais ces vacances doivent être réussi, Stan et Kévin doivent être heureux....Et maman y veillera....
Il est des livres qui, une fois fini, donne l’impression de ne plus vouloir se refermer. Jamais. Tout le texte suinte de cette souffrance trop longtemps accumulée, comme une blessure, une mauvaise plaie qui ne voudrait pas cicatriser. Le titre lu, la couverture tournée, vient alors un cri, un cri de désespoir. Il est infini. Comme une main tendue qu’on ne pourrait attraper trop occuper à se boucher les oreilles, tellement ce cri, cette souffrance, par sa puissance nous est insupportable. On ne voudrait jamais atteindre la dernière page, on se dit qu’on ne pourra y arriver, trop dur...Tout est trop fort, trop pesant. Les mots, les sentiments, les couleurs, les odeurs....Tout ce qui émane de ces pages, n’est là que pour nous entraîner dans un abîme, où la souffrance guette, sournoise elle attend sa proie. Et comme une caresse, qui vous endort, pour mieux vous soumettre, vous brise....Net....
Il est des livres dont on ne sort jamais indemne....dont on ne sort jamais vraiment....
L'avis de Barbabella.....