Mémoire Bretonne...

Publié le par Patch

Nathalie-de-Broc---Le-patriarche-du-B--lon.jpg Le patriarche du Bélon de Nathalie de Broc

Ce roman qui nous plonge dans le rude travail des ostréiculteurs d’autrefois, ravira tous ceux que le terroir passionne.
Nous sommes au début du siècle dernier, en Bretagne. La grande guerre qui fait rage, a vidé les parcs à huîtres de la main d’œuvre masculine. Qu’à cela ne tienne, ce seront les femmes qui assureront le gros du travail. En sabot et jupes de laine, Louise travaille ainsi tous les jours dans le domaine des Kervellec dans l’attente insoutenable des nouvelles du front. Les lettres sont rares, et l’on craint le pire pour tous ces malheureux qui se battent. Mais le travail ne manque pas, et son fort caractère, malgré sa petite taille, l’aide à tenir quand ces moments de solitude et de peur l’envahissent.
De son côté, son mari Gabriel perdu dans les méandres de ses pensées, attend le prochain assaut. Il en sera, bien devant comme tous ses compatriotes réputés coriaces et durs au mal. C’est qu’ils sont nombreux ces Bretons dans les tranchées. Même son patron, le lieutenant Robert Kervellec en est. Une forte amitié lie les deux hommes qui remontent aussi loin que le peuvent les souvenirs. Et c’est ce lien qui permettra à Gabriel d’avoir la force nécessaire pour sauver la vie de son camarade et patron lors de cet assaut ou Robert perdra une jambe.
Mais bientôt ce sera le retour au pays, et avec lui, la joie des retrouvailles, des habitudes et du travail. Gabriel verra son geste récompensé en obtenant un bout de terrain afin qu’il puisse à son tour devenir maître de sa propre concession et ainsi quitter le statut d’ouvrier pour celui de patron.
L’année 1920, en plus des deux enfants déjà présents, verra la naissance de Gwenn, au foyer de Gabriel et de Louise. Mais avec Jean, le fils, qui ne rêve que de s’embarquer et de voyager, se posera le problème de succession. Il reste bien les deux filles, et Gwenn montre un réel engouement pour ce travail d’homme. Saura-t-elle assumer cette lourde charge qui l’attend ? En aura-t-elle les épaules ?

Voilà un bon terroir qui sent bon la vase, l’algue et l’iode. Que ce soit l’odeur du sel, le bruit de la mer, le crissement du couteau sur le nacre de la coquille d’huître, le rire narquois des mouettes, les sabots du cheval sur le chemin ramenant les bourriches pleines, les costumes anciens, les coutumes, le caractère fort...Tout est là, on s’y croirait, et pour les amateurs et connaisseurs, de nombreuses annotations historiques en marge, situent les faits et noms importants...Un bon roman plein de souvenirs...

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B
Je note ! J'aime ces romans terroir. J'en ai lu pas mal de Jean-Michel Thibaux sur la provence.
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P
Je ne connaissais pas l'auteur que tu cites, sur la provence, le seul terroir que j'ai lu est d'Annie Bruel, cela se passe dans le Var, et l'histoire se base sur la catastrophe du Barrage de Malpasset....Je suis un fan par contre de l'école de Brives ainsi que ceux qui y sont passés, comme Signol, Laussac, Bordes, etc....à découvrir si tu aimes le roman terroir....;o )
K
J'en prends immédiatement note. Les huitres de Bélon, plates of course, sont délicieuses avec leur petit goût noisette!
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P
Je ne suis pas un grand amateur d'huîtres, mais si un jour j'en croise venant du Bélon, je tâcherais d'y goûter....;o )
A
Merci pour ce titre que je ne connaissais pas sur le passé breton. Je n'ai pas d'ancêtres ostréicultueurs, mes grands-parents étaient tous agriculteurs, mais le paysage de chez moi est truffé de parcs à huîtres, du côté de Cancale notamment, et c'est avec plaisir que je lirai ce livre pour en apprendre plus sur ce dur métier. En plus, le fonds historique est passionnant !
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P
C'est une belle histoire, qui démarre en 1918, et si les méthodes anciennes utilisées tout au long du livre ne sont plus celles d'aujourd'hui, tu devrais ressentir malgré tout ce que tu dois vivre tous les jours en ayant ce style de paysage...;o )