Elucubrations philosophiques…
Je vous emmène de Joyce Carol Oates Voici un livre que j’ai piqué dans la PAL de Patch, juste en lisant le quatrième de couverture, après avoir passé (comme d’hab’) au moins ½ heure devant ma bibliothèque avant de me décider...
L’histoire se passe dans les années soixante, au sein d’un campus typiquement américain avec tous les us et coutumes de l’époque. Cette jeune fille (dont on ne connaîtra jamais le véritable nom) se retrouve loin de sa ville natale pour son plus grand bonheur lorsqu’elle obtient une bourse pour entrer à l’université. Sa jeunesse n’a pas été vécue avec beaucoup d’enthousiasme. Sa mère est morte lorsqu’elle avait 18 mois et toute sa famille considère qu’elle est responsable de sa mort...son père n’est jamais à la maison, soit disant pour son travail et ses frères, beaucoup plus âgés qu’elle ne lui portent pas grand intérêt. Quant à ses grands-parents paternels par lesquels elle est élevée, ils lui tiennent une certaine rancœur quant à l’état dépressif de leur fils suite à la mort de sa femme. Bref, pas de quoi vivre une enfance très épanouissante.
Cette jeune fille se verra alors transformée lorsqu’elle pourra enfin réaliser un de ses rêves, quitter sa ville natale et rejoindre une sororité sur le campus de son université.
Malheureusement pour elle, tout ce que vont représenter ces artifices qui font que les « Kappa Gamma Pi » sont, ne correspondront en fait pas du tout à elle. Elle vit dans un monde fait de simulations, elle tente de représenter une image qui ne lui sied pas du tout et s’enfonce dans un état qui dépasse son contrôle. Elle est dans un état constamment dépressif, se nourrit très peu, est obligée de travailler dur pour pouvoir payer son loyer, et tente d’être quelqu’un qu’elle n’et pas, juste pour plaire aux autres….mais elle n’y parvient pas. La seule chose qui lui corresponde complètement, ce sont ses études sur la philosophie…elle a une grande aisance et de très bons résultats et c’est ce sujet qui va la relier à celui pour qui elle va tout sacrifier...
Cette période de la vie de cette jeune fille est totalement trouble, confuse, ambiguë. On ne sait pas vraiment ce qui est relié à quoi, il y a beaucoup d’incursions philosophiques car elle se remet sans cesse en question, mais plutôt que de nous éclairer, cela nous embrouille encore plus l’esprit. J’ai eu beaucoup de mal à trouver une cohérence à travers les différents sujets abordés, je me suis souvent perdue lors de ses élucubrations philosophiques (pourtant j’ai adoré la philo à l’école) et bien que j’aie terminé ce livre, je pense que c’est plus par curiosité que par intérêt, j’espérais jusqu’à la fin que quelque chose me surprenne, qu’il y ait finalement une logique, un fil conducteur...
Même si le sujet de fond souligne une réalité de l’époque et montre combien les mentalités n’étaient pas encore prêtes à accepter un couple métissé, j’ai trouvé que ce roman était très sombre, et a presque eu une influence négative sur mon état d’esprit car cette jeune fille est tellement dépressive que cela a tendance à déteindre sur nos sentiments personnels. Si toutefois l’envie vous prenait de lire ce roman (bien que je manque quelque peu d’enthousiasme) je vous conseille de le prendre en main seulement si vous êtes sûr de ne pas sombrer dans un état de lassitude ou d’abattement incontrôlés...
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