L'attentat de Yasmina Khadra
Dans un attentat de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examier le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds: il s'agit de sa propre femme.
Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...
(4éme de couverture Ed. Pocket )
Mon avis
Un livre ou les paradoxes se heurtent de plein fouet. Tel l’amour et la haine, la colère et la compassion, la vie et la mort…
Un livre qui fait réfléchir, mais sur quoi ? L’envie de vivre ? L’envie de mourir pour "la cause" ? Aussi noble soit-elle, peut-on se permettre de décider de vie ou de mort sur qui que ce soit ? Qui plus est sur des enfants ?
Si l’on se bat pour "la cause", une patrie, des idées, c’est aussi pour un avenir meilleur…Ces mêmes enfants qui laissent leur vie, lors de ces attentats à "la cause", ne sont-ils pas notre avenir à tous ? Et pour ceux qui en survivent, quel avenir s’ils sont rongés par la haine ou éduqués par la violence ?
Au nom de quel Dieu, Religion, Lois, principes, peut-on se permettre de tuer des enfants qui ne demandent qu’à vivre ?
Etrangers à notre monde d’adulte, dès leur plus jeune âge, nous leur insufflons notre haine "de l’autre", nous leur dictons, désignons celui à tuer, et là où certains jouent encore aux petites voitures, d’autres se voient offrir leur première kalachnikov…Déconcertant de stupidité, de bêtises…
Nous les élevons d’après nos croyances que nous jugeons comme êtres celles qui font foi sur toutes les autres…Nous leur décidons…Nous leur interdisons de rêver en les propulsant directement dans notre enfer…
Dans un livre de Thich Nhat Hanh (La colère Ed.Pocket ), il nous dit que l’Amour et la Haine sont deux graines qui sont en nous dès notre plus jeune âge, et qu’elles se développent l’une et l’autre, arrosées de nos sentiments…
A nous d’arroser celle de l’Amour plus que celle de la Haine, soyons tolérant à l’autre, sachons écouter, comprendre, partager, accepter les différences d’horizon, de couleur, de race. N’est-ce pas ces mêmes différences qui font la richesse de ce monde ?
Quel serait l’intérêt à vivre, si nous parlions la même langue, mangions la même chose, portions les mêmes vêtements ou pire, pensions tous pareils ? Où serait l’intérêt du plaisir de découvrir, de voyager, de connaître, de rencontrer, ou même de passer une pleine vie entière avec l’amour de sa vie s’il n’y a rien à partager ?
Eduquons nos enfants dans l’amour de l’autre, de la tolérance et du partage, laissons les ensuite grandir, voir la beauté de ce monde de leurs propres yeux…
Des enfants sont des êtres humains qui ne nous appartiennent pas, nous ne sommes là que pour les guider, et en ce sens, même si nous ne sommes pas parfaits, il y a entre l’amour et la haine un abîme à ne pas franchir…
Patch