Illusion...
L'arrière-saison de Philippe Besson
Voici l’histoire d’une histoire. L’histoire d’un mélange de couleurs couchées sur une toile. L’histoire d’une inspiration qui deviendra la source d’une autre inspiration... Il y a ce tableau d’Edward Hopper, dans lequel une porte se serait ouverte laissant s’engouffrer l’imagination. Comme une invitation à rejoindre ce monde figé, de l’irréel….
Nous sommes dans un café de Chatham, dans le Massachusetts. A Cape Cod plus exactement. Chez Phillies. Un dimanche soir de septembre.
Louise attend, comme toujours d’ailleurs. Elle attend Norman. Elle l’a toujours attendue. Seulement ce soir c’est différent. Il doit quitter son épouse pour elle. Ben est là, aussi, c’est le serveur, il lui a servi son éternel martini blanc. Par habitude, celle qui va avec. Lui, donne l’impression d’être immuablement collé à ce bar, pour l’éternité. Et puis il y a ce tintement, celui de la porte qui annonce une nouvelle présence dans ce décor. Ce sera celle de Stephen. L’ "ex" de Louise...
Les personnages sont en place, les couleurs affichées, le décor monté. Les accessoires sont figés, l’ambiance aussi. L’histoire peut commencer….
L’auteur nous révèle là toute l’ampleur de son talent, avec une imagination sans limite ni frontière. Sur un amas de pigment, il souffle la vie, donne naissance à des mouvements, un dialogue, des formes et des sentiments….Il prouve que le réel n’est que parce-qu’on le raconte. Ici il réussit le coup de maître de nous raconter ce qui n’est pas…
D'autres avis avec les billets de Anne et de clochette......