Fatalité....
Au nom de tous les miens de Martin Gray
Au début il y a eu la guerre. Avant ? Martin ne s’en souvient pas. Les 15 années qui ont précédé ce fameux septembre 1939, date à laquelle Hitler envahira la Pologne, ne signifie plus grand-chose. Des douceurs dont il ne préfère plus se souvenir, car ce qui suivra ne sera qu’une cascade de souffrances, de douleurs, de malheurs.
Martin connaîtra l’occupation de Varsovie, il verra l’arrivé triomphante des nazis qui investiront sa ville natale, suivra sa déchéance. Il assistera à la naissance du célèbre ghetto, l’humiliation qui s’en suivra, la faim, le froid, les rafles, il verra les siens dépérir. Martin avec courage, et parce-qu’il se doit de faire quelque chose, mettra en place tout un réseau clandestin afin d’acheminer l’essentiel, la nourriture. Mais sa mère, ses deux frères et une amie se feront prendre. Il ne peut les abandonner, il se livrera. Pour eux ce sera Treblinka. Ce camp dont on raconte que les siens disparaissent par trains entiers. Ce lieu de mort dont on ne revient pas. Là, Martin se retrouvera dans les bas-fonds de l’horreur, l’inimaginable, l’inconcevable. Mais Martin a décidé de vivre, de vivre pour venger les siens qu’il vient de voir partir pour la chambre à gaz. Il a encore sur lui la pression des doigts de ses frères s’accrochant à lui….Il réussira à s’évader. Il se fera reprendre. A nouveau le camp, mais Zambrow cette fois. Mais Martin a toujours cette rage, cette soif de vengeance. Ce sera une nouvelle évasion. Après un long périple, où il mendiera pour manger, couchera au gré des granges rencontrées, il retournera à Varsovie. Là, il retrouvera son père et comme lui s’enrôlera dans l’ « Organisation Juive de Combat ». A ses côtés, il participera avec courage à la sédition du ghetto en 43. Avec ceux qui ont décidé de ne pas abdiquer face à l’humiliation, il se battra, face à ceux qui ont juré de les anéantir. Et parmi ceux qui ont décidé de mourir en hommes libres.....Il perdra son père.
Viendra alors le temps de la vengeance. Il intégrera l’Armée Rouge, et avec elle, il rentrera dans Berlin, ville vaincue, ville détruite. Puis ce sera l’Amérique, pays des rêves, le pays de la reconstruction, celui dont on dit que toute fortune est possible.
Puis viendra l’amour en la personne de Dina. Quatre enfants naîtront de cette union. Le bonheur est enfin revenu….Mais le destin en a décidé autrement. Par une belle journée d’été, la mort lui enlèvera à nouveau les siens.....
Martin Gray nous livre là, son autobiographie, son témoignage sur ce qui fut sa vie. Un livre extrêmement pénible à lire, tant par les détails qui y figurent, que par l’insondable profondeur de l’horreur dans laquelle il nous entraîne. Frappé par le destin, suivi par la mort, mais qui préfèrera toujours la vie des siens à la sienne....
Un livre à lire pour ne pas oublier que l’éphémère constitue la vie.....