Antagonisme....
(3ème livre du challenge ABC lettre "K")
Les sirènes de Bagdad par Yasmina Khadra
Kafr Karam. Petite bourgade dans la province de Bagdad. Ici, pas de guerre. Elle semble avoir oublié ce petit bout de terre au milieu de nulle part. Mais pas de travail non plus. Alors on s’occupe. Que ce soit chez le barbier ou aux cafés, les discussions vont bon train. Depuis que les sbires de Saddam ont disparu, les langues se dénouent, se délient....Si pour les aînés, l’heure est au débat sur la situation précaire du pays, sur qui est responsable et de quoi, pour les jeunes c’est l’ennui qui rythme leurs journées. Certains profitent de ces moments de paix qu’ils savent fragiles, pour d’autres, cette lassitude, cette morosité va laisser place à l’agressivité, les tensions sont palpables, certains aimeraient bien en découdre avec le "GI"....
Mais les forces américaines aussi sont sous tension, et tout irakien devient un terroriste potentiel, les méprises ne sont pas rares. Comme cet accident malheureux dans lequel des militaires américains abattront de plusieurs balles un handicapé mental qui refusera de se soumettre à un ordre qu’il ne comprendra pas, ou ce mariage qui sera pris pour cible par un missile..... L’erreur de trop viendra une nuit, lorsqu’une escouade de "GI" investira Kafr Karam. Ce jeune bédouin qui sera littéralement arraché de son lit, violemment pris à parti, parce-que soupçonné de cacher des armes, verra l’ensemble de sa famille se faire brutaliser, les enfants en pleurs, la nudité de ses sœurs, des ses propres parents….Cette nuit, l’honneur des siens, son honneur, est irrémédiablement taché et ne sera lavé que par le prix du sang….Celui de ceux qui ont osé commettre cette injure.....
Dans ce dernier roman, Yasmina Khadra, nous entraîne dans cet énorme fossé qui sépare les uns et les autres. Dans ce dialogue de sourd qui oppose l’Orient à l’Occident, dans ce qui ne semblera jamais finir et qui existe depuis que l’histoire à une mémoire. Une guerre où s’oppose l’honneur et la déchéance, la foi et le profit.....
Toujours fidèle à son style, avec la même force dans l’écrit, on ne peut qu’apprécier (où pas).....Mais on ne peut que reconnaître ce talent qui est le sien....
L'avis de Florinette, celui de Laurent ainsi que celui de Gambadou ......