A lire impérativement...
(8ème livre du challenge ABC lettre "N")
En nous la vie des morts de Lorette Nobécourt
A la fois drôle et profond, léger et grave, Lorette Nobécourt nous livre ici un roman attachant, un feu d’artifice d’émotions où les couleurs se mélangent et dont le seul regret est de savoir que ce merveilleux moment de lecture devra se finir...
Nortatem chancelle dans cette vie au futur incertain. Lui qui vient de perdre son meilleur ami, se perd dans un déséquilibre émotionnel, où ses vides ne se remplissent que de ces questions quant à la réalité de son existence. Perdu au milieu de cette solitude, il n’a plus ni mère ni père. Fred, son meilleur ami, vient de se suicider. Guita, confidente avec qui il partage une relation trouble, vient de partir pour les deux prochains mois direction la France. Seul Léandre, un hamster appartenant à Guita, lui tient compagnie.
Il décide alors de profiter de ces deux mois à venir pour faire le point. Le point avec lui-même, de se faire face, de se souvenir, de s’interroger et de se retrouver. Pour cela, il choisit de s’isoler, de se perdre dans une vieille maison qu’il louera dans un coin perdu du Vermont. Il emportera avec lui, Léandre, et un bouquin trouvé chez son amie, "En nous la vie des morts", livre métaphorique qui lui ouvrira les yeux et l’esprit quant à la réalité sur certaines de ses interrogations...
A coups d’alcool, de cigarettes, de rencontres inopinées, cette retraite avec lui-même sera comme un "saut dans le vide mais sans parachute"....
J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture. J'ai beaucoup ri, des souvenirs de Nortatem ressortent quelques scènes bien croustillantes....Un livre que je conseille à tous, à lire sans modération et impérativement...
Extrait :
« …J’ai cessé de boire du vin pendant trois jours et je n’ai pas fumé une après-midi entière. L’idée de moi-même s’en est trouvée modifiée, par petites touches, comme dans Oui-Oui et la gomme magique lorsque le petit ours découvre qu’il peut transformer la réalité à sa guise. J’avais toujours adoré le livre, mais je n’en avais jamais compris les raisons profondes. J’ai enfin accédé au sens de Oui-Oui et de cette phrase de Heidegger que Fred m’avait si souvent répétée : « L’habitude est ce qui nous déshabitue de l’essentiel. » La réalité dépendait exclusivement du regard que l’on portait sur elle, et la nouvelle appréhension que j’en avais était aussi réelle que la plus réelle motte de terre sous mes pieds.»